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La Mare aux Grenouilles
Poème de Delcau Roinos avec son aimable autorisation.

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Je voudrais te conter
Une bien belle histoire,
Tu pourras en douter,
Même ne pas la croire.
Nos actuels soucis,
Notre esprit de logique,
Font les gens endurcis
Et rendent l'homme sceptique.
Il n'est que les enfants,
Ou les femmes âgées,
Pour croire en notre temps,
Aux beaux contes de fée!
Mais qu'importe après tout,
Pourvu que cette histoire
Se révèle à ton goût.
Le reste est....pour mémoire!
Or donc, par un beau soir,
Près d'une grande mare,
Je la vis, sautillant,
Tout d'abord indécise,
Mais bientôt sans émoi,
Reprendre enfin sa route,
Venir tout près de moi
Et puis me dire:«Ecoute»
Ma grenouille parlait,
Je n'osais pas y croire!
Mais elle reprenait:
«Ecoute mon histoire,
Il y a bien longtemps
J'étais une princesse,
Aux titres éclatants,
Née de haute noblesse.
Un beau prince m'aimait,
Car j'étais fort jolie
Et l'amour m'animait,
J'étais alors Sylvie.
La vie m'apparaîssait
Toujours plus merveilleuse,
Comme j'étais heureuse!
Hélas pour mon malheur,
Une méchante fée,
Jalousant mon bonheur,
S'est lâchement vengée,
Mon pauvre et cher amant,
Fut changé en quenouille
Et je suis maintenant,
Cette triste grenouille!
Des années ont passé,
Des siècles peut-être,
Des choses ont changé
Que je ne puis connaître!
J’ai tenté tout d'abord
De demander de l'aide,
Car je sais qu'à mon sort,
Il existe un remède,
Mais les gens sont pressés
Et pas un ne s’arrète
Et tous semblent blessés,
Par ma vilaine tête!
Je ne vois que gamins
Echappés à leurs mères,
Mais armés de gourdins,
Ils me font des misères!
Enfin tu es venu,
J'étais allé m'asseoir.
C'est une idée bizarre,
Comme j'en ai parfois
Lorsque mon âme heureuse,
Veut goûter les émois
De son humeur rêveuse.
Je récitais tout bas,
Quelques strophes très tendres
En suivant les ébats
De vives salamandres.
Attentif, yeux mi-clos,
Je les voyais, habiles,
La tête affleurant l'eau,
Savamment immobiles,
Se déplacer soudain
D'une brusque détente
Et ce jeu anodin,
Occupait mon attente.
L'une d'elles pourtant,
Avait sauté dans l'herbe,
S'arrêtant, repartant,
Elle venait, superbe,
Par petits bonds furtifs
Et jetait autour d'elle
De longs regards craintifs,
«Que voulez-vous ma belle»
Lui dis-je souriant.
Juge de ma surprise.
Gentiment tu m'écoutes
Et tu sembles ému,
Car le plus difficile
Est pour moi d'obtenir,
Ton appui, ton asile
C'est de mon avenir,
Toi, qui détiens la trame!
Car pour redevenir,
Dès demain une femme
Il faut que, sous ton toit,
Toute une nuit je couche!
Dans ton lit, avec toi!
Oui, cela t’effarouches,
Mais, par cette bonne action,
Dépend ma métamorphose!
Aussi laisse ton affliction
Et consens à la chose !
Je réfléchissais fort,
Ainsi qu'une grenouille,
Je détenais le sort ?
Bah ! Qu'elle se débrouille !
Pour que cet animal
Se transforme et retrouve
Un aspect plus normal,
Fallait-il que je couve
Une nuit son corps froid ?
La grenouille pensive,
Voyant avec effroi,
Ma révolte instinctive,
Reprenait : «Tu verras,
Comme je serai belle,
Demain, entre tes bras,
Sous ma forme nouvelle !»
Veine ou fatalité ?
Ma Femme m'avait quitté
Pour une courte absence,
Pouvais-je en vérité,
En mon âme et conscience,
Ma grenouille emporter,
Et tenter sa renaissance ?
Ou bien la rejeter,
Avec indifférence ?


La générosité,
Vainquit ma défiance,
Je pris le batracien,
Le cachais dans ma poche,
Puis filant comme un vaurien,
Qui vole une sacoche!
Vite je me mis au lit,
Ma singulière hôtesse,
Nouvelle Magalie
Et soi disant princesse.
Enfin je me couchais,
Près de ma partenaire
Et je la réchauffais,
Non sans mal, comme un frère!
Mais le temps s’enfuyait
Sans changement palpable.
Je voulais envoyer
Ma grenouille au diable!
Mais elle me disait:
«Attends, patiente encore»
Enfin, comme luisait
La pointe de l'aurore,
Je vis émerveillé,
Se préparer l'oracle
Et je fus bien payé
D'avoir cru au miracle.
Ma grenouille en enfant,
Se transformait bien vite
Et, toujours s'étoffant
En croissance subite,
Devenait sous ma main
Légère et caressante,
Un corps vraiment humain,
D'une splendide amante.
J'étais le créateur,
De cette oeuvre parfaite,
Telle qu'aucun sculpteur
Ne l'aurait jamais faite!
Elle me regardait,
D'un regard chaud et tendre.
Sa bouche se tendait
Et paraissait attendre,
Attendre mon baiser,
Attendre ma caresse!
Moi j’admirais grisé,
Le beau corps de déesse,
Qui semblait m’être offert!
L’adorable statue,
De palpitante chair,
Délicieuse et nue,
Que je pouvais saisir,
Dans une douce étreinte,
Mais j’étais sans désir!
Comme elle était sans crainte,
J’aurais pu caresser,
C’eût été douce chose,
Son corps souple et rasé,
Ses seins de marbre rose.
J’aurais pu profaner,
D’une vile blessure
Ce corps abandonné,
C’eût été forfaiture
Et je ne l’ai pas fait!
Aucune flétrissure
N’a, de ce corps parfait,
Souillé la beauté pure.
Elle semblait s’offrir,
Comme une récompense,
Mais à quoi bon salir
La beauté sans défense?
L’innocente impudeur,
A la laideur est opposée.
J’étais toujours sans passion,
Je goûtais en artiste,
Car la possession,
M’eût laissé las et triste!
J’admirais la candeur
De ses grands yeux limpides,
Sans maladroite ardeur,
D’un geste timide,
Je lui fermais les yeux,
D’un baiser chaste et tendre!
Nous restâmes tous deux,
Sagement, sans nous prendre!
«Le jour est arrivé»
Me dit enfin Sylvie.
«Tu m’as fait retrouver
Mon état et la vie,
Mais tout est achevé,
Il faut que je te quitte»
Et j’allais me lever,
Pour la vêtir bien vite,
Mais juste à ce moment,
Se produisit le drame,
Car dans l’appartement,
Apparaissait ma femme!
Je voulus expliquer,
Justifier ma conduite.
Mais mon épouse suffoquait
De colère subite.
Je voulus, sans succès,
Calmer sa jalousie,
Adoucir cet accès
De folle frénésie.
«Tu n’es qu’un paltoquet,
Tant qu’à cette grenouille,
Je vais te la flanquer
A la porte, fripouille!»
Mon épouse, vers le lit,
S’élançait furibonde,
Pour saisir le délit!
A la même seconde,
Elle restait sans voix
Et, devenant livide,
D’un grand signe de croix,
Purifiait le lit vide!
Sylvie subitement,
Sylvie était partie.
Par quel enchantement,
Par quelle féerie?
S’était-elle, en rayon
De soleil, en fumée,
En joli papillon,
Tout à coup transformée?
Seul souvenir humain,
Pour attester sa trace,
Un long cheveu d’or fin,
Demeurait à sa place!
Je n’ai jamais revu,
L’étonnante Sylvie,
Qui mit de l’imprévu,
Une nuit dans ma vie

 

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